{"id":1329,"date":"2017-11-21T07:09:13","date_gmt":"2017-11-21T06:09:13","guid":{"rendered":"http:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/?p=1329"},"modified":"2017-11-21T07:09:13","modified_gmt":"2017-11-21T06:09:13","slug":"la-mascarade-du-mascara","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/2017\/11\/21\/la-mascarade-du-mascara\/","title":{"rendered":"LA MASCARADE DU MASCARA"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Elles se d\u00e9testaient tant, qu&rsquo;elles ont toujours pris grand soin de ne jamais se rencontrer. Pourtant, elles habitaient les m\u00eames quartiers \u00e0 Manhattan, travaillaient l\u2019une en face de l\u2019autre, fr\u00e9quentaient les m\u00eames lieux hupp\u00e9s de Paris, New-York ou Londres\u2026 Deux chefs qui m\u00e8nent une guerre, mais la poudre n&rsquo;est pas \u00e0 canon mais \u00e0 coups de mascaras, blushes pastels et rouges \u00e0 l\u00e8vres. Elles se sont surveill\u00e9es, espionn\u00e9es pendant plus de soixante ans, en \u00e9vitant toujours la confrontation, mais chacune avan\u00e7ant ses pions en fonction de la strat\u00e9gie de l\u2019autre. L&#8217;empire des sens et de la beaut\u00e9 \u00e9taient en jeu. Ces pionni\u00e8res poursuivaient pourtant le m\u00eame but : changer l\u2019image de la femme dans un monde alors gouvern\u00e9 par des hommes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, leur rivalit\u00e9 les a galvanis\u00e9es et leur a permis d\u2019\u00eatre plus fortes pour construire leur empire. Helena Rubinstein ne souffrait pas le partage. Elizabeth Arden, encore moins, un couple de femmes ennemies publiques, qui va cr\u00e9er les deux plus grandes soci\u00e9t\u00e9s de cosm\u00e9tique au monde. Bienvenue dans la mascarade du mascara. La premi\u00e8re \u00e9tait juive ; la seconde, anglicane ; l\u2019une accumulait les \u0153uvres d\u2019art et ne jurait que par les couleurs vives, l\u2019autre collectionnait les \u00e9talons et appr\u00e9ciait par-dessus tout les tons pastels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Helena Rubinstein est n\u00e9e le 25 d\u00e9cembre 1872 en Autriche-Hongrie. Elle d\u00e9bute dans le milieu des cosm\u00e9tiques, apr\u00e8s avoir cr\u00e9\u00e9 une cr\u00e8me qui conna\u00eet un succ\u00e8s aupr\u00e8s de ses amies lorsqu\u2019elle vivait en Australie. Elle met en place le concept d\u2019institut de beaut\u00e9 en 1902. Helena Rubinstein commercialise ses cr\u00e9ations cosm\u00e9tiques et des soins sont prodigu\u00e9s en cabine aux clientes par des esth\u00e9ticiennes. D\u2019autres salons seront par la suite ouverts dans diff\u00e9rentes villes dont Paris, Londres ou encore New-York.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me Elizabeth Arden est n\u00e9e \u00e0 Florence Nightingale Grahamest, le 31 d\u00e9cembre 1878 \u00e0 Ontorio au Canada. En 1908, elle s\u2019installe \u00e0 New-York en compagnie de son fr\u00e8re. C\u2019est en tant que comptable dans une soci\u00e9t\u00e9 pharmaceutique qu\u2019elle fait ses premiers pas dans le domaine des cosm\u00e9tiques. Apr\u00e8s un passage chez Eleanor Adair et une association infructueuse avec Elizabeth Huard, elle d\u00e9cide de cr\u00e9er sa propre marque \u00ab Elizabeth Arden \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la 5\u00e8me avenue, son premier salon ouvre ses portes. Il s\u2019en suivra de nombreux autres un peu partout dans le monde, dont un en France en 1922. Elizabeth Arden r\u00e9volutionne le monde de la cosm\u00e9tique en cr\u00e9ant ses propres cr\u00e8mes adapt\u00e9es aux diff\u00e9rentes teintes de peau des femmes. En 1934, elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la mode et s\u2019associe au designer Oscar de la Renta.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas n\u00e9cessaire, pourtant, de gratter bien longtemps le vernis de leurs diff\u00e9rences pour s\u2019apercevoir qu&rsquo;Helena Rubinstein et Elizabeth Arden \u00e9taient exactement les m\u00eames. Deux s\u0153urs jumelles, deux bourreaux de travail, autodidactes et d\u2019origines modestes, deux caract\u00e8res tyranniques, deux fieff\u00e9es menteuses, aussi ! Et, surtout, deux femmes malheureuses en amour\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La guerre ou la poudre de terracotta ont anim\u00e9es les conversations rapport\u00e9es par leurs amies respectives. Voici quelques unes de leurs r\u00e9pliques :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle se sert de statistiques comme un ivrogne se sert d&rsquo;un lampadaire pour le soutenir et non pas pour l&rsquo;\u00e9clairer.<br \/>\nElle est l&rsquo;oreille de Van Gogh pour la musique.<br \/>\nJe n&rsquo;oublie jamais un visage mais, dans son cas, je vais faire une exception.<br \/>\nAu fil des ans j&rsquo;en suis venue \u00e0 la conclusion qu&rsquo;une femme inutile est une honte, que deux sont un cabinet d&rsquo;avocates, et trois la soci\u00e9t\u00e9 Elizabeth Arden.<br \/>\nSa m\u00e8re aurait d\u00fb la jeter et garder la cigogne.<br \/>\nCertains provoquent le malheur partout o\u00f9 elles vont, d&rsquo;autres d\u00e8s qu&rsquo;elles parlent.<br \/>\nTrop occup\u00e9es \u00e0 s&rsquo;espionner et \u00e0 guerroyer l&rsquo;une contre l&rsquo;autre, elles n&rsquo;ont pas vu venir de nouveaux concurrents qui vont se r\u00e9v\u00e9ler redoutables. Et c&rsquo;est un homme qui, le premier, va faire vaciller leur univers cosm\u00e9tique. Arm\u00e9 d&rsquo;un simple vernis \u00e0 ongles, Charles Revson va b\u00e2tir un nouvel empire, celui de Revlon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pense que Charles Revson d\u00e9testait ces deux femmes. Il ne pouvait pas les supporter, et c&rsquo;\u00e9tait r\u00e9ciproque. Rubinstein le surnommait \u00ab\u00a0l&rsquo;homme des ongles\u00a0\u00bb. Arden n&rsquo;en pensait pas moins. Toutes deux trouvaient le vernis \u00e0 ongles de mauvais go\u00fbt. Et pourtant, le vernis \u00e0 ongles devient un produit phare et le symbole d&rsquo;une f\u00e9minit\u00e9 conqu\u00e9rante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anonymode<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elles se d\u00e9testaient tant, qu&rsquo;elles ont toujours pris grand soin de ne jamais se rencontrer. 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