{"id":3639,"date":"2021-11-02T06:43:01","date_gmt":"2021-11-02T05:43:01","guid":{"rendered":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/?p=3639"},"modified":"2021-11-02T06:43:01","modified_gmt":"2021-11-02T05:43:01","slug":"madame-au-dela-de-nos-reves","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/2021\/11\/02\/madame-au-dela-de-nos-reves\/","title":{"rendered":"MADAME AU-DELA DE NOS R\u00caVES"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Le savoir-vivre, para\u00eet-il, s\u2019installe dans le Ier arrondissement comme une touche de cuill\u00e8re \u00e0 pot qui vient transpercer les flans du Cheval Blanc du Seigneur des Arnault. Voil\u00e0 l\u2019histoire d\u2019un \u00ab Songe d\u2019une Nuit d\u2019Automne \u00bb, et si le comptoir m\u2019\u00e9tait cont\u00e9, ce restaurant h\u00f4tel parisien pourrait repr\u00e9senter les arts narratifs Fran\u00e7ais. Il est vrai que les \u00e9crivains ont \u00e9troitement li\u00e9 leurs cr\u00e9ations aux institutions de bouche ; c\u2019est un peu l\u2019histoire de Paris, et c\u2019est Tristan Bernard qui compte parmi les premiers dramaturges \u00e0 utiliser les estaminets comme une unit\u00e9 de lieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous voil\u00e0 au pied de l\u2019ancienne poste du Louvre, et une soif froide d\u2019un soir o\u00f9 l\u2019\u00e9t\u00e9 indien faisait rage dans la capitale, nous faisait r\u00eaver de la douce sensation d\u00e9licieuse d\u2019un cocktail \u00e0 base de sureau nous coulant dans la gorge comme si Dionysos lui-m\u00eame, divinit\u00e9 des transgressions et de l\u2019ivresse nous attirait dans ce lieu. Madame R\u00eave tout un programme !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux jeunes filles plac\u00e9es \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, ex-mannequins, bimbos du restaurant Pouchkine, vous regardent du haut de leurs talons comme deux d\u00e9chets de la ville de Paris, avec ce regard qui nous laisse \u00e0 penser le message suivant : \u00ab vous, vous n\u2019avez pas le droit de rentrer ici \u00ab . Mais, avec la mode, j\u2019ai l\u2019habitude, et je ne me laisse pas impressionner. Je me dirige directement au bar et l\u00e0 un grand black en livr\u00e9e blanche nous accueille. Une table carr\u00e9e de deux couverts \u00e9talait sa robe de marbre \u00e0 nos pieds, si luisante qu\u2019elle semblait vernie. Les verres, l\u2019argenterie brillaient sous les flammes de douze cand\u00e9labres perch\u00e9s au plafond et cela donnait une ambiance du 19 si\u00e8cle. Seul un homme tr\u00f4ne au milieu de cette taverne moderne, errance d\u2019un pilier de bar fa\u00e7on \u00ab Hemingway \u00bb, qui cherche cette inspiration aveuglante absente de lumi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et comme la premi\u00e8re de notre demande d\u2019une simple table n\u2019arrivait pas, nous buvions de temps \u00e0 autre une gorg\u00e9e de champagne en grignotant des amandes grill\u00e9es. Et la pens\u00e9e de la nuit qui s\u2019en suivrait, lente et envahissante enivrait peu \u00e0 peu notre \u00e2me, car le Ruinart qui tombait goutte \u00e0 goutte en notre gorge, \u00e9chauffait notre sang en troublant notre esprit dans cet environnement si extrasensoriel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sentence vint nous rappeler que nous \u00e9tions peut-\u00eatre persona non grata. Pas assez flamboyant, pas assez habill\u00e9, donc pas de r\u00e9servation. Oh Crime de l\u00e8se-majest\u00e9, pas de carte black platinium non plus. En un mot, un couple de province venant s\u2019encanailler, et pas assez beau pour le propri\u00e9taire Laurent Ta\u00efeb habitu\u00e9 \u00e0 la faune de Dubail qui d\u00e9pense plus que de raison. Mais, ne vous inqui\u00e9tez pas, nous avons test\u00e9 le bar pour vous et nous reviendrons tester le restaurant. Bref, le lieu en vaut le d\u00e9tour pour prendre un verre, foncez-y.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anonymode<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le savoir-vivre, para\u00eet-il, s\u2019installe dans le Ier arrondissement comme une touche de cuill\u00e8re \u00e0 pot qui vient transpercer [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3640,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3639"}],"collection":[{"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3639"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3639\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3641,"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3639\/revisions\/3641"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3640"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3639"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3639"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leyaouanc.fr\/wordpress\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3639"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}