LES PARANOÏAQUES DU LUXE

Il semblerai que le Seigneur des Arnault, principal actionnaire du Monde, ait décidé de retirer jusqu’à la fin de l’année les pages de publicité du géant du luxe prévues dans le journal, suite à l’article de « Palavasse les flots ». Et bien moi, je veux bien que l’on me donne la pub réservée au Monde et voilà ce que j’écrirais sur les « Paradise Papers ».

Le Seigneur n’a pas besoin de défiscaliser. Pourquoi aller dans des paradis perdus puisque qu’il vit déjà au paradis avec un million d’euros par minute ! J’ai des boîtes de cirage en pagaille pour venir cirer vos Berluti. Je sais même faire un effet miroir en crachant sur ladite poulaine, formation assurée par un passage d’un an au service militaire, lieu de non droit où à force d’être à la merci de sergents céphalo abstinents, nous apprenions à naviguer pensant que nous ne rencontrerions plus jamais de débiles de la sorte. Malheureusement, je peux vous l’assurer, j’en rencontre encore tous les jours.

Rien d’infamant de se courber devant une liasse de billets de 500 euros pour accepter du prince une aumône. Finalement, pourquoi pas, puisque c’est ce que tout le monde fait. Les demi mondaines racolent pour se faire un mâle avec un « wallet » bien rempli. Les sociétés flagornent pour attirer les bons offices des clients comme de vieilles putes bulgares, et la vie finalement n’est qu’une action de courtisans florentins qui n’ont qu’une obsession : essayer de survivre un peu mieux que les autres.

Pour une fois, voilà mes brosses et mon cirage pour l’homme le plus riche de France. Il peut faire ce qu’il veut, aller où il veut, il est le Seigneur et il a droit de vie ou de mort sur ses employés et ses fournisseurs mais, celui-ci n’est pas un « sujet ». Et pourquoi pas finalement, la France, depuis la nuit des temps, a besoin d’un roi qu’elle vénère, relation un peu sado-maso qui convient car, ainsi, chacun a le sentiment de sentir la vie qui s’écoule autour de vous.

Moi, le Seigneur des Arnault, je l’aime ! Je le regarde avec « intérêt et financier », mais aussi, avec bienveillance, car je respecte l’intelligence et les stratèges. Ils ont comme les artistes une vision de notre monde qui va bien au-delà et anticipe sur ce qu’il va devenir. Je respecte l’autorité, l’ordre et, en vieillissant, je deviens un vieux con réactionnaire. Et, pourquoi pas ? Je me pose toujours la question de savoir ce que cet homme hors norme pense de notre société actuelle et de son évolution. Seul dans sa tour d’ivoire, je rêve de pouvoir passer avec lui un moment à jouer du piano et parler de mon père et de ce qu’il en pensait ?

Je n’ai rien à dire sur cet homme qui a l’élégance de ces Messieurs d’autrefois, qui, finalement, me manquent beaucoup. Un monde du passé qu’il a recréé autour de lui et qui lui permet, sans y toucher, de regarder les autres se débattre avec amusement. C’est vous qui avez raison. Monsieur, pour bien voir le monde, il faut le regarder d’en haut, et c’est ce que vous faites. Je ne pense pas que vous puissiez retirer une pub pour un article car je crois que vous êtes au-dessus de cela, au-dessus de nous tous. Vous êtes stellaire. Vous êtes déjà dans un autre monde.

La grandeur de l’homme est dans sa décision d’être plus fort que sa condition. Est-ce que le cirage vous convient ? Est-ce assez ? Finalement, quand je relis le texte, je m’aperçois que l’on ne peut pas jouer avec soi-même et que beaucoup de choses sont vraies, voire même la totalité. Que les paranoïaques du luxe cessent de penser que le Seigneur les regarde. « Touchez ma bosse, Monseigneur, elle porte bonheur ».

Annymode